ACTUALITÉ VILLENEUVE
lundi 30.04.2012, 05:02 – La Voix du Nord
Avec 34,71 % au premier tour à Mons-en-Baroeul dimanche dernier, François Hollande a réalisé l’un de ses meilleurs scores dans le Nord. De quoi booster les militants de la section PS monsoise qui, hier, entamaient au marché leur dernière semaine de campagne.
PAR CARINE BAUSIÈRE
Riez en travaillant. « Hé, ça va les Hollandais ? » « Oh, tu ne vas pas nous en faire un fromage ! » Au moins c’est clair, ce n’est pas le stress de la fin de campagne qui perturbe les militants monsois en ce dimanche de marché. Ni la présence, à quelques mètres, d’une équipe UMP venue elle aussi distribuer ses tracts.
Emmitouflés dans leurs blousons rouges siglés François Hollande, les socialistes monsois savent que le dénouement est proche et qu’à l’issue du premier tour, les chiffres parlent pour eux. « Nous sommes remontés à bloc, assure Hubert Lopinet, le responsable de la section. On va gagner dimanche. Pour cela, nous allons continuer à faire ce qu’on a fait jusqu’au 22 avril : de la distribution de tracts au marché et du porte à porte trois soirs cette semaine. Militant, c’est une activité à plein temps ! » À ses côtés, Audrey Linkenheld, candidate socialiste aux législatives dans la deuxième circonscription, opine du chef. Ces derniers jours, elle s’est penchée sur une carte de la commune pour en définir les zones où accentuer leur présence après les résultats du premier tour. « Il existe des quartiers plus abstentionnistes que d’autres à Mons, révèle-t-elle. Autour de l’hôtel de ville, boulevard Napoléon-1er : c’est là qu’il faut aller rencontrer les habitants cette semaine pour maintenir notre présence sur le terrain et convaincre.
» Reste une donnée à maîtriser autant que possible : le vote Front national. « Il est non négligeable à Mons avec 17 % », reprend la jeune femme, un peu dépitée. Marien Le Pen a enregistré ses deux plus gros scores dans les bureaux de vote Montaigne et Reine-Astrid. Il y a encore du boulot… > Chacun son poste. Dans cette ribambelle de blousons rouges postés à l’entrée du marché, on trouve Cédric, élu au conseil municipal, mais aussi des militants lambda comme Francine, Salah, ou encore Nadia, plantée au pied du feu rouge. Depuis le mois de janvier, elle tape aux vitres des voitures pour y glisser le visage de son candidat en papier glacé. Inlassablement, elle reçoit tantôt un grand sourire, tantôt un signe poli de la main, parfois une remarque discourtoise. C’est de bonne guerre et Nadia n’en prend pas ombrage. « Je suis militante dans l’âme, rigole-t-elle. À mon échelle, c’est comme si un petit oiseau voulait éteindre un feu de forêt avec son bec, mais j’ai quand même l’impression d’apporter une participation à la construction de mon pays. » Un pays qu’elle a choisi à 17 ans, en arrivant de sa Kabylie natale. « La France, c’était un rêve pour moi, confie-t-elle. Aujourd’hui, j’ai presque honte de voir ce qu’elle est devenue. J’ai obtenu la nationalité française en 2007, je me bats depuis pour qu’elle redevienne telle que je la rêvais : la France de Victor Hugo et de Zola, pas celle de Loana ! » > Chacun sa tactique. Le sourire de Nadia sous son feu rouge, la délicatesse de Francine, la gouaille de Cédric : chacun développe ses arguments comme il le sent. Face à eux, il y a les pro-Hollande, souriants, presque triomphants, mais aussi des visages crispés, des « je ne vote pas désolé », ou des « Madame, vous dites n’importe quoi ! » Pas toujours facile à encaisser. Voilà pourquoi, Yvonne et Charles sont venus épauler « la jeunesse ». Militants de la génération Mitterrand 1981, ils trouvent beaucoup de similitudes dans ces deux campagnes à trente ans d’écart. « On sent un grand ras-le-bol, assure Yvonne.
Les gens sont atteints au plus profond d’eux-mêmes par les valeurs de la droite. Dans leur personne comme dans leur porte-monnaie. Et quand on touche à leur porte-monnaie… » Alors la retraitée a repris le flambeau pour cette fin de campagne. parce qu’elle y croit dur comme fer. « Depuis le début ! » Et si son écharpe verte tricotée main peut semer la confusion, Yvonne a tout prévu : « J’ai un bonnet bien rouge au cas où j’aurais froid ! » •